L'apéritif, une tradition bien française

Publié le : 11 juillet 2017
Catégories : Culture

C’est l’été en France, une saison associée aux barbecues et à l’apéro. Si vous êtes de passage dans l’Hexagone cet été, lepetitjournal.com vous administre une petite piqure de rappel sur ce moment qui doit d’abord être synonyme de partage et de convivialité, représentatif d’un certain « savoir-vivre » à la française, à consommer avec modération. 

                                      

Aux origines de l’apéritif, un plaisir médicinal

Boit-on plus lorsque l’on est expatrié? Lepetitjournal.com de Madrid posait la question, réponse : que ce soient des facteurs climatiques, économiques ou sociaux, tout nous pousse à consommer plus d’alcool en expatriation... La coutume de l’apéritif, qui s’est imposée comme l’un des moments phares de la journée pour beaucoup de Français, puise ses origines dans la tradition romaine. A l’époque, il était commun pour un Romain de déguster un verre de vin au miel avant le repas.

Cette coutume s’est perpétrée au Moyen-Âge : les boissons étaient alors des concoctions de vin cuit aux plantes aromatisées, très peu alcoolisées, et destinées à ouvrir l’appétit, d’où l’étymologie latine « aperire » qui signifie « ouvrir ». La légende veut que les chevaliers chrétiens aient ramené de leurs croisades en Orient un breuvage : l’hypocras dont la recette est attribuée à Hippocrate, célèbre médecin grec du IVème siècle avant Jésus-Christ. Cette boisson qui mélange épices, plantes et vin, est réputée pour ses vertus tonifiantes, voire aphrodisiaques et a compté de nombreux adeptes parmi lesquels Rabelais, Henri IV ou encore Louis XIV.

« L’apéro, c’est la prière du soir des Français »

Vers la fin du XIXème siècle, l’apéritif revient à la mode dans les milieux plus aisés, selon la définition de l’essayiste Paul Morand : « l’apéro, c’est la prière du soir des Français ». Aujourd’hui, sa citation ne s’est toujours pas démentie. Selon une étude Soffres de 2005, 90% des Français s’adonneraient aux plaisirs de l’apéritif qui concentre 32% de leur consommation d’alcool. Toutefois, la Fédération français des spiritueux a révélé que les Français avaient été plus raisonnables en 2015. Une baisse notable de la vente d’alcools en grande distribution a été enregistrée (-0,5% à 278 millions de litres) tandis que les ventes en restaurant et dans les bars ont augmenté. Selon la fédération, cette baisse a été compensée par la montée en gamme de la qualité de l’alcool. Fins-gourmets, « les Français consomment moins mais mieux » a expliqué Sylvie Hénon-Badoinot, présidente de la fédération, « On est passé de cocktails pas très typés à une recherche du goût ».

A chaque région, son apéro

Le whisky se place en première position des alcools les plus consommés à 39,4% de part du marché, juste devant les anisés (24,1%). Viennent ensuite les alcools blanc type vodka (9,6%) et les rhums (9,9%) ou les liqueurs et les crèmes de fruit (9,1%). Mais l’apéro ne se réduit pas aux boissons alcoolisées car il est bien souvent aussi prétexte à des collations copieuses. En Provence, la spécialité la plus connue est la tapenade, mélange d’olives, câpres, ail et filets d’anchois qui accompagne à merveille le pastis, à l’heure où les cigales se déchainent... (Vous y êtes ?).

Si on se déplace plus à l’ouest, on n’échappe pas au fameux piment d’Espelette qui pourra saupoudrer le foie gras. Les « tartines » de magret de canard sont aussi très prisées. Le Sud-Ouest est une région viticole qui recense 16 appellations d’origine, vins rouges, blancs ou rosés, tous pourront se déguster à l’apéritif.
En remontant au nord, la Bretagne et la Normandie raviront les adeptes des terroirs entre terre et mer. De la terrine de maquereau fumé aux saucisses sèches normandes à l’andouille de Guéméné, il y en a pour tous les goûts. La région Centre et ses alentours ne sont pas en reste non plus : au menu, rillettes du Val de Loire et fromage de brebis du Poitou. 


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