Portrait d'expat : Charles-Antoine Descotis

Publié le : 13 juillet 2017
Catégories : Portrait

Charles-Antoine Descotis, fondateur de Ticket to The Moon, est le gagnant du trophée Entrepreneur des Français de l’étranger 2014, parrainé par Humanis. Après quelques années de bohème en Inde et en Thaïlande, il fait escale à Bali en 1996. Depuis il n’en est jamais reparti. C’est là qu’il a créé sa société de hamacs en toile de parachute, avec très peu de moyens. Aujourd’hui, il emploie 120 personnes, est distribué dans 35 pays et est devenu leader dans son domaine. Sa société lui permet par ailleurs de faire fonctionner une ONG : Ticket to the Moon Foundation. 

De Bordeaux à l’Inde, d’où est venue l’idée de créer des hamacs en toile de parachute ?
Depuis tout petit, j’ai une profonde passion pour les hamacs. En Inde, j’ai commencé à créer des hamacs en polyester mais je n’avais pas encore trouvé la toile parfaite. L’Inde était plus une façon de vivre alors que s’implanter à Bali permettait de développer un business rentable.

Vous dirigez une société éthique ou par ailleurs la gestion du personnel est très occidentale. Pourquoi était-ce important et incontournable pour vous ? Cela reflète les valeurs que j’ai apprises en grandissant, c’est mon côté français qui ressort ! Je pense sincèrement que les valeurs sociales sont fortes en France et je voulais reproduire le modèle social français dans mon entreprise. Je ne vends pas des hamacs uniquement pour faire de l’argent, j’ai voulu rester en accord avec mes valeurs éthiques et morales.

En 2009 vous avez décidé de créer une fondation, qu’est-ce qui a été le moteur de cette envie ?
Au début, les hamacs parachute c’était pour moi et mes amis, une façon de faciliter nos voyages entre amis. Au fil des années, Ticket To The Moon est devenue une vraie société, avec un chiffre d’affaires en croissance constante. J’ai donc voulu donner un sens à ce développement, ne pas me contenter de gagner de l’argent, mais rendre à Bali ce que cette île m’a offert. J’aime l’Indonésie, j’aime Sumba, c’est un endroit qui a de réels besoins et ce qui est motivant c’est qu’avec de petits budgets et de l’entraide, on peut réaliser de grandes choses ici.

Par le biais de la fondation, vous aidez la tribu des Kodi, sur l’île de Sumba, qu’est-ce que cela évoque pour vous ?

Sumba c’est une île magnifique, une grande île même, presque deux fois plus étendue que Bali. Cependant c’est un endroit complètement oublié du tourisme et de l’économie : il n’existe aucune route marchande et les tribus qui y vivent n’ont pas changé leur mode de vie depuis des millénaires ! D’ailleurs, la tribu Kodi est de loin la tribu la plus sauvage de toute l’île. Je suis sûrement le premier occidental à être venu à leur rencontre, à avoir voulu aider les enfants en leur donnant des vitamines, des moustiquaires, en mettant en place des dépistages de malaria et en installant tout un système d’accès à l’eau. Faire de l’humanitaire en Indonésie tombait sous le sens pour moi, je ne me suis pas posé de questions à partir du moment où j’avais les moyens de le faire. Et puis tout devient plus facile lorsqu’il s’agit de faire de l’humanitaire au paradis !

Comment envisagez-vous l’avenir ? Quelles perspectives de développement ou d’évolution avez-vous ?

Les possibilités de développement sont énormes. Les marchés de l’outdoor et du loisir sont en pleine expansion. Le hamac parachute a créé une vraie alternative au camping traditionnel : bien plus léger, plus facile à installer et plus respectueux de l’environnement, il a révolutionné le marché. Nous devons aussi notre succès à la crise nancière que connaît le monde aujourd’hui. En effet, les gens s’éloignent des hôtels, des bungalows, premièrement pour des raisons nancières, mais également parce qu’ils recherchent un vrai retour à la nature, à la tranquillité, à la simplicité ; une rupture avec leur vie quotidienne. 


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